De l’utilité de la grève
par admin le 04 août 2008, dans Popolitique
“Maintenant quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit !” Ce sont, à peu près, les mots qu’a utilisé le président de la République pour conclure sur ses actions visant à instaurer un service minimum les jours de grève. Pour être clair, je trouve ça désolant …
Ce qui faisait auparavant la majorité du poids d’une grève, c’était le fait que le pays ne puisse plus fonctionner correctement, en d’autres termes, que cela dérange. Quoi de plus normal que de mettre les autorités du pays dans une situation telle qu’ils aient besoin d’intervenir d’une manière ou d’une autre ? C’est la définition d’une négociation il me semble : que les deux parties aient chacunes des atouts en main pour arriver à une décision prise d’un commun accord.
Ce “pouvoir de déranger”, les grèvistes ne l’ont plus désormais puisque le gouvernement, bien aidé en cela par les medias se sont arrangés pour que les usagers mécontents ne le soient plus envers le gouvernement mais envers les grèvistes eux-mêmes … Alors qu’ils avaient auparavant le pouvoir de faire bouger les choses en invectivant le gouvernement à trouver une solution, les “victimes” de la grève ont été retournées (et non pas se sont retournées, j’insiste) contre les grèvistes.
Haha les “victimes” … celles là même qui n’ont aucun respect pour les personnes qui font qu’elles ont accès à certains services au cours de leur vie, celles là même qui n’ont que faire de la situation des personnes qui leur permettent de se rendre sur leur lieu de travail quotidiennement, celles là osent s’en prendre à un droit civique qui leur appartient également et qui va leur être retiré, si tant est qu’on ne puisse considérer qu’il en soit déjà ainsi …
La manipulation de masse, autrement dit une certaine forme de propagande (oula le gros mot), aura encore une fois permis aux autorités de faire avancer un pays dans le sens désiré par une minorité (élue … là est le problème). Mais cette fois, cette évolution va à l’encontre des acquis sociaux qui nous aidaient encore à avoir un pouvoir sur quelque chose … on appelait ça le “pouvoir de la rue”. Il me semblait pourtant que le “pouvoir au peuple” était la condition sinequanone à l’établissement d’une démocratie …
Ah j’oubliais le droit de vote à la Star Ac’ … donc je confirme nous sommes bien en démocratie …